L’attitude de Khadîja face à la révélation

Son épouse lui dit :

« N’aie pas peur ! Dieu ne te poussera jamais vers le mal. Dieu ne te fera que du bien car tu aides tes proches, tu soutiens ta famille, tu gagnes honnêtement ta vie, tu maintiens les autres dans la droiture, tu donnes asile aux orphelins, tu dis la vérité, tu ne t’appropries pas frauduleusement les dépôts, tu portes secours à ceux qui n’ont rien, tu fais du bien aux pauvres et tu traites avec courtoisie tout le monde. »

Pour le rassurer, Khadîja le conduit chez son cousin Waraqa b. Nawfal, un chrétien qui maîtrise l’hébreu, ainsi que l’évangile. Waraqa est un homme âgé et aveugle. Après avoir écouté attentivement le récit du Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), il s’exclame :

« Il s’agit du Nâmus (l’ange Gabriel) que Dieu envoya à Moïse. Que j’aurais aimé être plus jeune ! Si seulement je pouvais vivre jusqu’au jour où ton peuple te chassera. »

Étonné, le Messager de Dieu (SBDL) lui dit :

« M’expulsera-t-on ? »

Waraqa lui répond :

« Personne n’est jamais venu avec un message semblable à celui-ci sans qu’il n’ait été traité avec hostilité. Si je vis jusqu’à ce jour-là, je te prêterai main forte. »

Ainsi, les premiers à croire au message du Prophète (SBDL) sont son épouse et Waraqa b. Nawfal.

Enseignement de Muhammad Al-Ghazâlî
« L’attitude rassurante de Khadîja, son épouse »

Pour le Prophète (SBDL), les quarante années passées avant la première révélation ne se résumaient plus qu’à une journée. Les premiers versets révélés auguraient l’aube d’un jour nouveau. L’intelligence allait maintenant percevoir les lumières de la vérité, et l’âme désespérée allait enfin goûter à la certitude et connaître un espoir réel. Cette mutation était de grande envergure, c’était la prophétie.

En échange de cette grâce vénérable, Muhammad (SBDL) allait rencontrer des problèmes et des afflictions énormes. L’attitude de Khadîja était de ces noblesses qui rendent les épouses dignes des meilleures louanges. Elle le rassura quand il fut perplexe, le soulagea quand il fut perturbé, et lui rappela ses nobles vertus pour l’assurer que les nobles de son genre ne peuvent être désappointés. Elle lui expliqua que, dès lors que Dieu a doté quelqu’un de noblesse et de grandeur d’âme, Il le destine à être l’objet de son estime et de sa bienfaisance. C’est cette vue limpide et ce cœur vertueux qui firent mériter un jour à Khadîja le salut de Dieu que lui transmit l’ange Gabriel.

Muhammad Al-GhazâlîFiqh as-sîra (la biographie du Prophète Muhammad), trad. de l’arabe par Rachad Hrazem, revu et corrigé par Abderrazak Mahri, Paris, Editions Maison d’Ennour, 2006.

Enseignement de ‘Abdurrahmân Badawî
« Le comportement du Prophète (SBDL) selon ses détracteurs »

Dans la première moitié du moyen-âge, en occident, il n’existait que de vagues idées sur les cultes étrangers au christianisme. Le Prophète (SBDL), appelé « Maphomet », « Baphomet » ou encore « Bafum », était considéré comme un faux Dieu à qui l’on offrait des sacrifices humains.

Ce n’est qu’à partir du XIIème siècle que le Prophète (SBDL) commença à passer pour un faux Prophète et que l’on songea à dévoiler son imposture. C’est ainsi que le Prophète (SBDL) fut placé par Dante dans une région assez honorable de son Enfer. Le nom du Prophète (SBDL) devint presque synonyme d’impie, et quand Orcagna, dans l’Enfer du Campo Santo de Pise, voulut représenter, à côté des hérétiques, les contempteurs de toutes les religions, les trois personnages qu’il choisit furent Mahomet, Averroès et l’Antéchrist.

Les hommes du moyen-âge accusèrent le Prophète (SBDL) d’être un sorcier, un infâme débauché, un voleur de chameaux et même un cardinal qui, n’ayant pu réussir à se faire pape, avait inventé une nouvelle religion pour se venger de ses collègues. Sa biographie était devenue le répertoire de tous les crimes imaginables, à tel point que les histoires de Baphomet furent, comme celles de Pilate, un thème d’anecdotes graveleuses.

‘Abdurrahman Badawi, Défense de la vie du Prophète Muhammad contre ses détracteurs, collection Islamica dirigée par ‘Abdurrahman Badawi (II), Paris, Editions Afkar, 1990.

Enseignement de Tariq Ramadan
« Khadîja, la preuve vivante du soutien divin »

Khadîja est un signe de la présence divine dans l’épreuve vécue par le Prophète (SBDL). Dans l’expérience spirituelle du Messager de Dieu (SBDL), elle a été comme Hajar et Ismaël furent dans celle d’Abraham. La présence de ces femmes et d’Ismaël autour de ces grands Prophètes est à considérer comme un signe de Dieu manifestant Sa présence et Son soutien dans l’épreuve de la révélation, avec pour objectif d’éradiquer le doute.

Tariq RamadanMuhammad vie du Prophète (les enseignements spirituels et contemporains), Paris, Presses du Châtelet, 2006

Enseignements par Savant et Intellectuel

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