Le cas de Zayd b. Hâritha

Le Prophète (SBDL) avait aussi un fils adoptif du nom de Zayd b. Hâritha. Ce dernier est d’ailleurs le seul compagnon dont le nom est explicitement cité dans le Coran[1].

Zayd était un jeune arabe qui avait été fait prisonnier à l’âge de huit ans lors d’une razzia. Vendu sur le marché, il avait changé de mains à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’il soit acheté par le cousin de Khadîja qui l’avait ensuite offert à cette dernière, qui à son tour avait fini par l’offrir au Prophète (SBDL). Le père de Zayd avait beaucoup pleuré son fils et un jour, il finit par le trouver à la Mecque. Il se rendit alors, accompagné de l’oncle du jeune garçon, chez Muhammad (SBDL), avec une rançon, dans l’espoir de racheter la liberté de Zayd. En les voyant, le Prophète (SBDL) leur dit :

« Votre enfant est comme le mien ici ; posez-lui la question, et s’il veut aller avec vous, je le lui permets sans aucune rançon de votre part. »

Comme ils interrogeaient Zayd, celui-ci leur répondit :

« J’ai vu en mon maître des choses qui me le font préférer à tous, à tout jamais. »

Touché par ses paroles, Muhammad (SBDL) se rendit devant le temple sacré (ka‘ba) et proclama publiquement qu’il affranchissait Zayd et qu’il devait être considéré dorénavant comme son fils. À partir de ce moment, Zayd ne fut plus appelé Zayd b. Hâritha mais Zayd b. Muhammad. Il ne retrouva son véritablement nom que lorsque le Prophète (SBDL) épousa Zaynab bint jahsh. Ce sujet sera traité avec détails au moment voulu.

[1] Dieu dit : « Lorsque Zayd eut cessé toute relation avec sa femme, Nous te la donnâmes en mariage afin qu’il ne soit plus interdit aux musulmans d’épouser les femmes avec lesquelles leurs fils adoptifs auront cessé tout commerce. L’ordre de Dieu devait être exécuté. » (s33 : v37)

Enseignement de Wahidudin Khan
« Le témoignage de Zayd »

Le Coran décrit le Prophète Muhammad (SBDL) comme un être au

« caractère sublime  » (s68 : v5)

Ce sublime caractère – dans sa forme la plus parfaite – était incarné par le Prophète (SBDL) lui-même. Bien entendu, la masse des musulmans n’a pas un caractère aussi parfait. C’est pour cela d’ailleurs, qu’il existe deux niveaux de caractère : un niveau ordinaire et un niveau supérieur.

Un caractère ordinaire a pour base le principe suivant : « Agis comme on a agi envers toi. » Un tel caractère peut être qualifié de caractère au « réflexe rotulien » car les croyants dotés de ce caractère offrent des réponses réflexes (automatiques) au traitement des autres. Par exemple, ils agissent mal envers ceux qui agissent mal avec eux et blessent ceux qui les blessent.

Mais le niveau supérieur est basé sur le principe suivant : « Agis comme tu souhaiterais qu’on agisse avec toi. » Les musulmans dotés de ce caractère se conduisent avec leurs contradicteurs en ne tenant pas compte de la façon dont ils ont été traités. Par conséquent, ils sont miséricordieux, même avec ceux qui cherchent à les blesser et savent se montrer patients, même avec ceux qui leur font du mal.

Voltaire disait :

« Personne n’est un héros pour son valet. »

Ceci s’explique par le fait qu’un valet a accès à la vie privée de son maître et donc, à ses imperfections. Par ailleurs, ceux qui vivent très proches d’une personne ne la tiennent pas généralement dans une aussi haute estime que ceux qui en vivent éloignés. C’est pour cela qu’ils ne peuvent le considérer comme « un héros ». Mais ceci n’est pas vrai pour le Prophète (SBDL). L’histoire nous montre que plus on vivait près de lui, plus on était impressionné par la finesse de ses vertus. Le témoignage de Zayd le confirme d’ailleurs très bien.

Par ailleurs, les paroles du Messager de Dieu (SBDL) envers le père de Zayd révèlent toute sa tendresse, qui était inhérente à sa nature. Dieu soulignera plus tard ce caractère exemplaire en révélant :

« C’est par un effet de la miséricorde de Dieu que tu es si conciliant envers les hommes, car si tu te montrais rude, le cœur dur envers eux, ils se seraient tous éloignés de toi » (s3 : v159)

Cette magnanimité du Prophète (SBDL) lui donnait le pouvoir d’attirer le cœur des gens : plus on était à son contact, plus on était conquis par la noblesse de son caractère.

Mawlana Wahidudin KHAN, Mohammad un Prophète pour l’humanité, trad. de l’anglais par Abd el-Kaoui Derouiche, Paris, Editions al-Azhar, 2008.

Enseignements par Savant et Intellectuel

Abdelrahman Badawi Alî Muhammad Al-Sallâbî Muhammad Al-Ghazâlî Muhammad Sa‘îd Ramadân Al-Bûtî Mustafa Sibâ'î Tariq Ramadan Wahidudin Khan

Enseignements par Thème