Une construction de pierres

Le Prophète (SBDL) avait trente-cinq ans lorsque les Qurayshites décidèrent de rénover le temple sacré (ka‘ba) construit à l’origine par Abraham. La ka‘ba avait été construite à partir de pierres superposées sans argile.

Au départ, les Mecquois avaient simplement l’intention de mettre un toit et d’allonger la hauteur car un groupe d’hommes avait volé quelques biens se trouvant à l’intérieur de la ka‘ba. Même si le voleur avait été attrapé et puni, le risque de voir la ka‘ba dépouillée de ses biens perdurait. Puis il y avait un second problème, la pluie avait affaibli et craquelé les murs du sanctuaire. Les Mecquois voyaient donc qu’il était urgent de rénover le temple sacré, mais avec de l’argent licite uniquement.

Selon Ibn Ishâq, lorsque les Qurayshites décidèrent de reconstruire la ka‘ba, un idolâtre appelé Abû Wahb interpella les Mecquois en ces mots :

« Ô gens de Quraysh ! N’engagez dans sa construction que ce qui est licite de vos gains ; qu’on n’y engage ni la dot d’une prostituée, ni l’usure d’une vente, ni le fruit d’une lésion faite à quelqu’un. »

Enseignement de Muhammad Al-Ghazâlî
« Le croyant se tourne vers Dieu et non des pierres »

Bien que le temple sacré (ka‘ba) soit un lieu sacré, la protection de l’honneur, des biens, et du sang des croyants est pour Dieu plus sacrée selon les dires du Messager de Dieu (SBDL). Croire que la ka‘ba apporte une quelconque utilité ou nuisance est une forme d’idolâtrie dans l’Islam. Il en est de même pour les drapeaux et étendards défendus et vénérés par les militaires, pour leur valeur symbolique. On comprend bien l’importance historique particulière que revêt la mosquée de la Mecque (première mosquée sur Terre) et pourquoi elle fut instituée comme orientation (qibla) pour toutes les mosquées futures.

Mais il faut souligner ici que lors de la prière, le croyant se tourne en réalité vers Dieu l’Unique et non des pierres qui constituent le temple sacré.

Muhammad Al-GhazâlîFiqh as-sîra (la biographie du Prophète Muhammad), trad. de l’arabe par Rachad Hrazem, revu et corrigé par Abderrazak Mahri, Paris, Editions Maison d’Ennour, 2006.

Enseignement de Muhammad Sa‘îd Ramadân Al-Bûtî
« Les pierres du temple sacré n’ont aucune influence sur l’homme »

Le temple de la Mecque (ka‘ba) n’est qu’un amas de pierres inertes, ne pouvant avoir aucune influence positive ou négative sur ceux qui tournent autour ou s’y arrêtent pour faire une retraite spirituelle.

Si Dieu ordonna à Abraham de détruire les idoles (en Irak), de condamner et de combattre l’idolâtrie, c’est parce que le temps était venu de construire un temple sur Terre qui serait consacré à l’adoration d’un Dieu unique. La sagesse divine voulait que le temple soit un symbole pour l’humanité indiquant le vrai sens de la religion et la fausseté de l’associationnisme. Pendant une longue période, les hommes avaient adoré des pierres, des statues et des fausses divinités en leur consacrant des temples. Le temps était venu de dénoncer le mensonge et de remplacer ces temples par ce nouveau symbole, ce temple consacré à l’adoration d’un Dieu unique et où les fidèles ne se soumettraient à d’autres volontés que celles du Créateur du monde. Le temps était venu pour que les croyants aient un lieu commun leur permettant de se rencontrer et de faire plus ample connaissance. Ce temple serait le meilleur moyen de réunir les musulmans des quatre coins du monde. La Mecque deviendrait ainsi le refuge des croyants ainsi que le seul lieu d’adoration d’un Dieu Unique pour les siècles à venir. Aujourd’hui encore, les croyants se rassemblent régulièrement à la Mecque pour se ressourcer religieusement et pour apprendre à mieux se connaître. Tel est le sens profond des paroles de Dieu :

« C’est alors que Nous fîmes du temple de la ka‘ba un lieu de retraite et un havre de paix pour les hommes, en leur recommandant de faire de la station d’Abraham un lieu de prière » (s2 : v125)

Lorsque le croyant tourne autour du temple sacré, il exprime son plein consentement aux ordres de Dieu et son cœur se remplit d’humilité. C’est ce qui donne au Temple son caractère sacré et qui justifie le pèlerinage ainsi que la circumambulation.

Muhammad Sa‘îd Ramadân Al-BûtîFiqh al-sîra (étude scientifique de la biographie du Prophète), trad. de l’arabe par Z. Diab, revu par Fawzi Chaaban, Beyrouth, Dâr al-fikr, 1995.

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