Les premières réactions mecquoises face à l’islam

12 sec : cette scène se situe dans la période de la prédication dite « publique », trois ans après la première révélation. Celui qui s’adresse à Abû Tâlib se nomme Abû al-Hakam (le père de la sagesse) surnommé par les musulmans « Abû Jahl (le père de l’ignorance) ». Les musulmans l’appellent ainsi car sa sagesse ne l’a pas amené à embrasser l’Islam. Dès le début de la prédication « publique », les notables de la Mecque tentent de raisonner Abû Tâlib (chef des Banî Hâshim) afin que ce dernier cesse d’accorder sa protection à son neveu ou pour qu’il le fasse taire à jamais. Abû Tâlib résiste et continue à protéger le Prophète (SBDL). Ces pressions durent jusqu’à la dixième année de la révélation, année de la mort d’Abû Tâlib.

On rapporte qu’un jour, les notables qurayshites interpellèrent l’oncle du Prophète (SBDL) en ces termes :

« Ô Abû Tâlib ! Ton neveu insulte nos dieux, dénigre notre religion, traite d’insensés nos savants et considère nos ancêtres comme des égarés. De deux choses l’une : ou bien tu l’éloignes de nous, ou bien tu nous le livres car tu es autant que nous en désaccord avec lui. En agissant de la sorte, on pourrait te débarrasser de lui. »

Abû Tâlib leur répondit avec sympathie tout en continuant à accorder sa protection à son neveu. Comme la situation ne s’améliorait pas et que le Prophète (SBDL) continuait à dénigrer leurs idoles, les notables Quraychites décidèrent d’aller intimider une nouvelle fois le chef des Banî Hâshim. Ils lui dirent :

« Ô Abû Tâlib ! Tu as de l’âge, tu as une place honorable, ainsi qu’un rang parmi nous. Nous t’avons prié d’éloigner ton neveu de nous, mais tu ne l’as pas fait. Nous ne pouvons plus supporter le fait qu’il insulte nos ancêtres, traite de stupides nos savants et dénigre nos dieux. Tu dois l’éloigner de nous définitivement car sinon, nous vous combattrons tous les deux, jusqu’à ce que l’un de nos deux partis périsse. »

Voyant que les choses commençaient à dégénérer, Abû Tâlib convoqua son neveu et lui dit :

« Ô mon neveu ! Ton peuple est venu chez moi et m’a dit telle et telle chose. Epargne-moi donc et épargne-toi, et ne me charge pas d’un poids que je ne pourrais supporter. »

Pensant que son oncle allait l’abandonner, le Prophète (SBDL) lui dit alors :

« Ô mon oncle ! Je jure par Dieu que même s’ils mettent le soleil dans ma main droite, et la lune dans ma main gauche, pour que j’abandonne ma mission, je ne l’abandonnerai jamais jusqu’à ce que Dieu m’accorde la victoire ou jusqu’à ce que je périsse dans mon engagement. »

Lorsque le Messager de Dieu (SBDL) tourna le dos à son oncle pour partir, ce dernier lui fit part de ses sentiments profonds en disant :

« Va mon neveu, fais ce qui te plaira, je jure par Dieu de ne jamais te livrer à personne. »

La scène que l’on observe dans le long métrage semble faire allusion à cet épisode de la sîra. Seulement, le réalisateur Moustapha Akkad apporte quelques retouches dans les dialogues afin de donner un sens au film. Le réalisateur souhaite donner un aperçu du contexte religieux mecquois tout en montrant le malaise vécu par les qurayshites à l’écoute du message du Prophète (SBDL). En d’autres termes, Moustapha Akkad souhaite expliquer clairement les raisons du conflit entre qurayshites et musulmans. L’objectif est de comprendre pourquoi les mecquois en viennent aux persécutions.

Plus tard, les qurayshites vont jusqu’à proposer à Abû Tâlib de prendre ‘Umâra fils d’al-Walîd b. al-Mughîra en échange du Prophète Muhammad (SBDL). Ils lui disent :

« Ô Abû Tâlib ! Voici ‘Umâra b. al-Walîd le plus puissant et le plus beau des qurayshites. Prends-le avec toi afin que tu puisses profiter de son intelligence et de sa puissance. Tu pourras même le considérer comme ton fils, car il sera à toi. En échange, livres-nous ton neveu, celui qui déchire ton peuple et qui traite de stupides ses croyances, afin que nous puissions le tuer. Ce sera ainsi un homme en échange d’un autre. »

A nouveau, Abû Tâlib ne les écoute pas et refuse leur offre en rétorquant :

« Oh ! Quel vil marché ! Vous voulez me donner votre fils pour que je l’élève ! En échange, vous voulez que je vous livre mon fils pour que vous puissiez le tuer ! Par Dieu, cela ne se fera jamais. »

24 sec : la remarque d’Abû Sufyân montre à quel point les qurayshites étaient attachés à leurs traditions. Ils ne pouvaient accepter que le Prophète (SBDL) vienne bousculer leurs mœurs. A partir de là, nous pouvons imaginer quel choc a été pour eux la révélation du Coran qui apportait une réforme cultuelle, morale, sociale, etc.

32 sec : les propos de ‘Utba rappelle que certains qurayshites n’acceptaient pas la prophétie de Muhammad (SBDL) car celui-ci était un homme ordinaire. Sur cette question, Dieu révèlera :

« Ils disent encore : ‘Qu’est-ce donc que ce Prophète qui se nourrit et circule comme tout le monde dans les marchés ? Si seulement il était assisté d’un ange descendu du ciel, pour prêcher à côté de lui ! Ou si seulement on lui avait envoyé du ciel un trésor ou octroyé un verger dont il tirerait sa nourriture !’ Et les injustes d’ajouter : ‘Vous ne suivez là qu’un mortel ensorcelé !’ Vois à quoi ils te comparent ! Ils sont complètement égarés et ils ne peuvent plus retrouver le droit chemin » (25 : 7 à 9).

41 sec : Si Umayya semble si étonnée par le sujet de la résurrection, c’est parce que les qurayshites pensent qu’il n’y avait aucun jugement après la mort. Le thème de la résurrection est un des sujets les plus importants traités lors de la période mecquoise. Par conséquent, de nombreux versets sont révélés à ce sujet. Dieu dit par exemple :

« L’homme croit-il qu’il sera laissé à l’abandon ? N’a-t-il pas été une goutte de sperme éjaculée, puis un caillot de sang auquel Dieu prêta vie, et qu’Il forma avec harmonie, pour en tirer ensuite les deux éléments d’un couple, l’homme et la femme ? Alors ? Est-ce qu’un tel Dieu n’aurait pas le pouvoir de ressusciter les morts ? » (75 : 36 à 40).

1 min 5 sec : en effet, les notables de la Mecque sont prêts à offrir au Prophète (SBDL) pouvoir, gloire, femmes et argent en échange de son silence. Mais ce dernier ne peut accepter la moindre chose puisqu’il est véritablement un Messager de Dieu. Rien ne peut le détourner de son Seigneur. Son unique souhait est de voir les gens adorer leur Créateur.

Les historiens rapporte qu’une fois, après avoir délibéré dans le parlement de la cité (dâr al-nadwa), les négateurs envoient au Prophète (SBDL) l’un des plus sages de la cité, ‘Utba b. Rabî‘a, des Banî ‘Abd al-Shams, afin de négocier avec lui. ‘Utba propose de faire de lui l’homme le plus riche de la Mecque ou son roi. Le Prophète (SBDL) l’écoute attentivement jusqu’à ce qu’il ait fini de parler, puis il lui demande :

« As-tu fini, ô Abû al-Walîd ? »

‘Utba lui répond par l’affirmative. Le Prophète (SBDL) lui demande alors s’il veut bien l’écouter ; ‘Utba acquiesce Le Prophète (SBDL) lui récite alors les premiers versets de la sourate des Versets détaillés (fussilat) :

« Hâ – Mîm. Voici une révélation du Tout-Clément, Tout-Compatissant ; un Livre aux versets détaillés, un Coran en langue arabe pour des êtres doués d’entendement, qui à la fois annonce une bonne nouvelle et met en garde contre le châtiment. Mais la plupart des hommes s’en détournent et refusent de l’entendre, en disant : ‘Nos cœurs sont inaccessibles à ce à quoi tu nous appelles et nos oreilles sont frappées de surdité ! Entre toi et nous se dresse un obstacle. Agis donc comme tu l’entends et nous agirons, de notre côté, à notre manière’ » (41 : 1-5).

Après avoir lu ces versets, le Prophète (SBDL) s’adresse à ‘Utba en ces termes :

« Tu as entendu Abû al-Walîd, et maintenant tout réside entre toi et ces paroles ».

‘Utba revient alors auprès de ses compagnons qui sont frappés par le changement d’expression de son visage. Lorsqu’ils lui demandent ce qu’il s’est passé, ‘Utba leur répond :

« Ce que j’ai à vous dire c’est que j’ai entendu une parole comme je n’en avais jamais entendu de pareille. Je jure par Dieu que ce n’est pas de la poésie, ni de la magie, ni de la divination. Ô gens de Quraysh ! Obéissez-moi et rendez-moi responsable : laissez cet homme faire ce qu’il fait, et mettez-vous à l’écart de lui. Je jure par Dieu que sa parole aura un grand retentissement. Si les Arabes le tuent, vous serez débarrassés de lui par d’autres que vous ; et s’il triomphe des Arabes, son royaume sera le vôtre, sa puissance la vôtre, et vous serez les plus heureux des hommes grâce à lui. »

Les compagnons de ‘Utba lui rétorquent :

« Par Dieu, il t’a enchanté par sa langue ô Abû al-Walîd. »

Il répond :

« C’est mon opinion à son sujet ; faites ce que bon vous semblera. »

‘Utba a bien compris qu’il ne s’agit ni de magie ni de poésie. Il est convaincu que la prédication du Prophète Muhammad (SBDL) aura un impact très fort sur les Arabes. Soulignons aussi que les biens terrestres n’intéresseront jamais le Messager de Dieu (SBDL). Sa façon de vivre restera la même toute sa vie. Ses habits seront simples et les meubles de sa maison se limiteront au strict minimum. Il aura pour lit une simple natte et sa nourriture sera celle des plus démunis. Telle sera la vie de Muhammad (SBDL). Il n’était ni poète, ni devin, ni sorcier, ni possédé, ni roi, mais le Messager de Dieu – Le Très Haut.

1 min 55 sec : Moustapha Akkad nous montre ici la pression subie par le chef des Banî Hâshim. Ce dernier annonce au Prophète (SBDL) que s’il ne stoppe pas sa mission, il sera sans doute persécuté, lui ainsi que l’ensemble des croyants. Toutefois, Abû Tâlib lui laisse le choix en lui explicitant qu’il n’hésitera pas à le soutenir s’il décide de continuer son travail de prédication. Ce n’est qu’après un échec cuisant des qurayshites dans leurs négociations, que les notables de la cité décident de passer à une étape plus violente : les persécutions économiques, sociales et physiques.

2 min 40 sec : il s’agit ici d’Abû Hudhayfa, le frère de Hind. Son père est le célèbre ‘Utba b. Rabî‘a cité plus haut et mort idolâtre sur le champ de bataille à Badr. Quant au quatrième personnage, il s’agit d’al-Walîd b. ‘Utba, le frère d’Abû Hudhayfa, lui aussi tué à Badr. Abû Hudhayfa fait partie des premiers convertis à l’Islam. Plus tard, il quitte la Mecque pour l’Abyssinie avec son épouse Sahla bint Suhayl b. ‘Amr avec qui il aura un fils qu’il appellera Muhammad. Quelques temps plus tard, Abû Hudhayfa rentre à la Mecque puis finit par émigrer à Médine à l’instar des autres compagnons. Abû Hudhayfa participe à toutes les batailles au côté du Prophète (SBDL). Il est dans les rangs des musulmans à Badr et voit son père et son frère perdre la vie dans les combats en duel lancés au début de la bataille. Il est attristé par le sort de son père et lorsque les musulmans déposent les dépouilles des idolâtres dans un fossé creusé à cet effet, la tristesse l’envahit de part et d’autre. Le Messager de Dieu (SBDL) remarque sa peine et lui dit :

« J’ai comme l’impression que ce que tu observes te répugnes?! »

Abû Hudhayfa répond :

« Ô Messager de Dieu ! Mon père était un notable de la Mecque et j’espérais que Dieu le guiderait vers l’Islam. Lorsque j’ai vu dans quel état il est mort, la tristesse m’a envahi. »

En entendant ces paroles, le Messager de Dieu (SBDL) invoque Dieu en sa faveur. Abû Hudhayfa tombera martyr lors de la bataille d’al-Yamâma qui aura lieu sous le califat d’Abû Bakr. Il quittera ce monde avec le sourire d’où son surnom « Le martyr souriant ».

3 min 35 sec : Zayd s’adresse ici à Mus‘ab b. ‘Umayr, connu pour être le premier ambassadeur de l’Islam. En effet, il est envoyé à Médine après le premier serment d’al-‘Aqaba afin d’inviter à l’Islam les habitants de la cité. Grâce à son efficacité, les idolâtres de Médine embrassent l’Islam en masse dans les mois qui suivent. Mus‘ab tombe martyr lors de la bataille d’Uhud.

Dans ce passage, Zayd souligne son étonnement à Mus‘ab face aux propos des idolâtres qui affirment que Muhammad aurait « inventé » le Coran. En effet, les notables mecquois tenaient ce genre de propos infondés afin que leurs concitoyens rejettent le message du Prophète (SBDL). Le Coran en a gardé le souvenir dans plusieurs passages. Dieu dit par exemple :

« Ce Coran, disent les négateurs, n’est qu’une imposture qu’il a forgée avec l’aide d’un groupe d’individus. Mais, en disant cela, ils commettent une grave injustice et un affreux mensonge. » (25 : 4).

Notons que les notables de la Mecque traitaient le Messager de Dieu (SBDL) de menteur, de fou, de possédé, de poète, etc. Ces accusations faisaient de la peine au Prophète (SBDL) puisqu’il était l’homme le plus intègre de la cité. Dieu lui rappelle que les négateurs ont toujours eu, à travers l’histoire de l’humanité, une attitude similaire et qu’il se doit donc de patienter. Il révèle :

« Si les impies te traitent d’imposteur, sache qu’avant eux le peuple de Noé, les ‘Âd, les Thamûd, le peuple d’Abraham, le peuple de Loth, les gens de Madyan avaient eux aussi crié au mensonge » (22 : 42 à 44).

Dieu exigera de Son Prophète (SBDL) de les laisser dans leurs mensonges puisqu’Il se charge d’eux à leur insu. Il révèlera :

« Laisse-Moi donc avec ceux qui traitent de mensonge ce discours. Graduellement et à leur insu, Nous allons les conduire à leur perte » (68 : 44).

Face à leur calomnie, Dieu leur demandera de produire quelque chose de semblable au Coran afin de prouver leurs affirmations gratuites. Il dira :

« Diront-ils : ‘C’est Muhammad qui a inventé ce Coran !’ Réponds-leur : ‘Eh bien ! Inventez vous-mêmes dix sourates pareilles ! Et faites-vous aider par qui vous pourrez, hormis Dieu, si vous êtes véridiques !’ » (11 : 13).

3 min 47 sec : le réalisateur Moustapha Akkad fait passer ici un message très fort aux non musulmans qui visionnent le long-métrage en expliquant un principe fondamental du dogme musulman. Il explique que l’Islam n’est pas une religion nouvelle, mais plutôt la continuation de ce qui a été révélé à Noé, à Moïse et à Jésus. Muhammad (SBDL) n’est donc qu’un Messager qui reçoit la révélation de Dieu à l’instar de ses prédécesseurs. Autrement dit, le Dieu des juifs et des chrétiens est aussi le Dieu de Muhammad (SBDL). Je pense que l’objectif ici est de montrer à l’occident que l’Islam n’est pas une religion originale et étrangère puisqu’elle provient de Dieu, Le créateur des hommes. Dieu ne fait que s’adresser à toute l’humanité par le biais d’un nouveau et dernier Messager. Les propos de Zayd expliquent aussi des faits historiques indéniables qui sont que les hommes se sont écartés de Dieu avec le temps et ont falsifié les Ecrits afin de préserver leurs intérêts, d’où la nécessité de la venue d’un Messager qui rétablirait la vérité.

Enfin, rien ne prouve, sur le plan historique, que Zayd a tenu de tels propos face à une assemblée de compagnons. Moustapha Akkad semble juste vouloir véhiculer, à travers ce compagnon, un principe idéologique qui fait l’unanimité chez les théologiens musulmans. Cela reste une des grandes problématiques de ce long métrage puisque très souvent, le réalisateur fait dire aux compagnons des choses qu’ils n’auraient pas effectivement dites. Sur le plan scientifique, cette position est critiquable d’autant plus que le musulman qui visionne le film finira par croire que les compagnons ont réellement tenu tels et tels propos.

3 min 56 sec : si les compagnons prennent peur, c’est parce qu’ils pensent avoir été repérés par les idolâtres de la cité. Moustapha Akkad semble vouloir montrer ici le lieu de refuge et d’enseignement choisi par le Prophète (SBDL) pour ses compagnons lors de la période mecquoise. Ce lieu était la demeure d’al-Arqam, membre de la tribu la plus hostile à l’Islam : les Banî Makhzûm. Ce jeune garçon s’était converti à l’Islam à l’âge de 17 ans et sa maison était située sur la colline de Safâ. Le passage que nous analysons ne semble pas montrer le jeune garçon. Pourquoi le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a-t-il choisi cette demeure en particulier pour rencontrer ses compagnons ? Trois raisons semblent expliquer ce choix :

  1. Al-Arqam appartenait au clan des Banî Makhzûm. On pouvait donc difficilement soupçonner que les musulmans se réunissent sous le toit de l’un d’entre eux.
  2. On pouvait difficilement imaginer que les musulmans laissent les maisons de grands compagnons tel qu’Abû Bakr, pour se réunir dans la maison d’un jeune de 17 ans.
  3. Enfin, la maison d’al-Arqam était située en plein centre ville ce qui arrangeaient les musulmans puisque les négateurs pensaient que ces derniers se rencontraient dans les collines environnantes de la Mecque.

C’est donc dans cette maison que le Prophète (SBDL) enseignera l’Islam à ses fidèles. C’est là aussi que ‘Umar viendra abjurer le paganisme et embrasser l’Islam. Il ne pourra d’ailleurs connaître l’adresse que par sa sœur Fâtima bint al-Khattâb, convertie bien avant lui à l’Islam.

4 min 10 sec : il s’agit de Ja‘far b. Abî Tâlib, le cousin du Prophète (SBDL) et le frère de ‘Alî. Il sera choisi par le Prophète (SBDL) pour représenter les musulmans en Abyssinie. Il rejoindra le Prophète (SBDL) à Médine 15 années plus tard. Ja‘far tombera martyr lors de la bataille de Mu’ta, la première bataille des musulmans contre les byzantins.

4 min 23 sec : Ja‘far tient dans sa main une feuille de parchemin sur laquelle des versets du Coran sont transcrits. Rappelons toutefois que les compagnons du Prophète (SBDL) avaient plutôt pour habitude, surtout lors de la période mecquoise, de mémoriser oralement les versets révélés. En effet, l’écrit n’était que très rarement utilisé dans la culture arabe. Le Coran sera toutefois intégralement rédigé à l’époque du Prophète (SBDL) par ses scribes dont le nombre ne dépassera pas les 40 personnes. Ces derniers écriront les versets révélés sur des supports divers comme des palmes de dattier ou des omoplates de chameau. Les feuilles de parchemin semblaient être difficiles à trouver à la Mecque. Par conséquent, voir Ja‘far se présenté avec une feuille de parchemin ne me semble pas très réaliste. La transmission se faisait plutôt oralement entre les compagnons.

5 min 19 sec : les versets lus dans ce passage sont les versets 1 à 14 de la sourate 81 (Sourate de l’Extinction ‘al-Takwîr’). Le problème est que Ja‘far commence par lire les versets 1 à 9, puis le verset 13, puis le verset 11 et enfin le verset 14. Quant aux versets 10 et 12, ils ne sont pas récités. Dans le verset 10, Dieu dit :

« Lorsque les bilans seront publiés ».

Dans le verset 12, Il dit :

« Que la Fournaise sera attisée ».

Rien ne me semble justifier, sur le plan scientifique, un tel désordre dans l’exposition des versets. Rien ne me semble non plus prouver que Ja‘far a communiqué ces versets à un groupe de compagnons dans la demeure d’al-Arqam. Comme je l’ai expliqué plus haut, faire dire des choses à des compagnons en ne se basant sur aucune source reste selon moi une problématique de ce long métrage.

Nos commentaires du film « Le Message »